François Schnepp
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S
wayed, it would seem, more by inclination and temperament than by will, this artist revisits the world with a peaceful and serene gaze. Joyful without naivete. Schnepp’s work is resolutely irrealist, offering up an almost musical interpretation of his feelings in the face of the landscapes encountered along his distant travels. Here, the imaginary is appeasing: the artist’s vision injects tenderness and a dreamlike quality within ordinary settings as if inviting us to reinvent our view of the world by looking at them anew through the solar impulse.

The works within this surprising latest series transpose our internal biological organs. Contrary to the irrealism of El Greco which binds the human body within a desperate tension, or Parmigianino's mannerist Self-portrait in a Convex Mirror or Madonna with the Long Neck that play upon the body’s elongation, Schnepp offers a polychromatic view of our internal organs, where light constructs form. He explores our organs in an art of pure colours. Beyond just visual pleasure, the force of their light becomes an energy emerging from the depths, singing their vital polyphony to reconfigure that which we’ve learned from our interior space. We stand in front of a hymn to life like in front of stained glass windows struck by the midday Sun or the supernatural Persian landscapes, freed of the shadows and the weight of contingency, such that each thing produces its own light. Our organs are no longer biological specimens but a world pulsating with sensual dreams, a triumphant, almost tribal and pantheistic, wisdom.

In the same way as the “dream-time” paintings of the Australian Aborigines, the most ancient of pictorial arts, we have before us a sacred space-time destined to nourish our profane imagination. Resonances emerge from this triumph engendered by the plurality of forms and colours in full swirl, the frequencies of which the artist plays upon to make of his paintings an accumulation of energy. Artist-demiurge and alchemist of joie de vivre, Schnepp sublimates the deaf worry born from our ephemeral bodies through the thrill of colour and exaltation of movement. Metaphor of the currents that link our own lives to the Spirit of the world, to Life itself, his art stimulates our desire for amazement as if to free us from the worries connected to the greyness of every daily life.
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P
lutôt par inclination et par tempérament que par volonté, semble-t-il, cet artiste revisite le monde d’un regard paisible et serein. Joyeux sans pour autant être naïf. L’oeuvre de Schnepp s’inscrit résolument dans le courant irréaliste, offrant une interprétation quasi musicale de ses sentiments devant la nature rencontrée au fil de ses voyages vers de lointains rivages. Ici, l’imaginaire est apaisant : la vision de l’artiste injecte de la tendresse et du rêve dans des paysages ordinaires comme pour nous inviter à réinventer notre vision du monde en les regardant d’un oeil neuf frémir sous la pulsion solaire.
Les tableaux de son étonnante dernière série transposent ainsi nos organes biologiques internes. A l’inverse d’El Greco dont l’irréalisme fixe le corps humain dans une tension désespérée, ou encore du peintre maniériste Le Parmesan dont l’autoportrait dans un miroir convexe et la « Vierge au long cou » dont l’irréalisme joue avec l’élongation des corps, Schnepp offre une vision polychromatique de nos organes internes, où la lumière construit la forme. Il explore nos organes dans un art des couleurs pures. Dépassant le simple plaisir des yeux, la force de leur lumière devient une énergie des profondeurs qui chante leur polyphonie vitale pour reconfigurer ce que nous avons appris de notre espace intérieur. Nous voici devant un hymne à la vie, comme devant des vitraux frappés par le Soleil en plein midi, ou devant la surnature de ces paysages persans, libérés des ombres et du poids des contingences, où chaque chose produit sa propre lumière. Nos organes ne sont plus des spécimens biologiques mais un monde pulsant des rêves sensuels, une sagesse triomphante presque tribale et panthéiste.

À l’instar des peintures issues du « temps du rêve » des Aborigènes d’Australie, le plus ancien art pictural du monde, nous voici devant un espace-temps sacré destiné à nourrir notre imagination profane. De ce triomphe de la vie engendrée par cette pluralité des formes et des couleurs en constante interaction, naissent des résonances dont il s’amuse à utiliser les fréquences pour faire de chacun de ses tableaux un accumulateur d’énergie. Artiste-démiurge et alchimiste de la libre joie de vivre, Schnepp sublime la sourde inquiétude qui naît de nos corps éphémères dans la jouissance de la couleur et l’exaltation du mouvement. Métaphore des courants qui relient notre propre vie à l’Esprit du Monde, à la Vie elle-même, son art de la peinture stimule notre désir d’émerveillement comme pour nous libérer des soucis d’un quotidien trop souvent gris.
Claudine Brelet
Paris, 26 août 2012
English translation by Janine Treves